Les réactions fréquentes après un évènement difficile : ce qui est normal et ce qui doit alerter
Un événement potentiellement traumatique est une expérience bouleversante qui dépasse les capacités d’adaptation d’une personne, provoquant une détresse intense.
Cet évènement est vécu comme une menace pour l’intégrité physique ou psychique, qu’elle concerne la personne elle-même ou autrui. Par son caractère soudain, imprévisible et incontrôlable, il s’accompagne d’un vécu de peur, d’effroi et d’impuissance.
Quelles sont les réactions possibles à la suite d'un évènement difficile ?
La confrontation à un évènement potentiellement traumatique entraîne, de manière automatique et réflexe, des réactions émotionnelles et physiques que le corps et l’esprit vont tenter de réguler.
Il est important de se rappeler que ces réactions sont normales face à une situation qui, elle, n’est pas normale.
Quelles sont les réactions possibles à la suite d’un évènement difficile ?
Dans les 72 premières heures : les manifestations péritraumatiques
Immédiatement après l’évènement et dans les heures qui suivent, vous pouvez présenter des réactions de détresse intense : sidération, peur intense, sentiment d’irréalité, tachycardie, tremblements, confusion. Ces manifestations peuvent rester adaptées (état de stress adapté), c’est-à-dire proportionnées à la situation et permettant de faire face, ou devenir envahissantes au point de vous rendre incapable d’agir (état de stress dépassé), avec une sidération profonde ou, à l’inverse, une agitation incontrôlable.
Entre 3 jours et 1 mois : les symptômes du Trouble de Stress Aigu
Si les manifestations se prolongent au-delà de 72 heures, elles peuvent s’organiser en un tableau plus structuré, réparti en 5 catégories.
Symptômes d’intrusion
- Souvenirs récurrents, incontrôlables, intrusifs et pénibles de l’événement
- Rêves pénibles récurrents de l’événement
- Impression que l’événement traumatisant se répète (par exemple, dans des flashbacks)
- Souffrance psychologique ou physique intense en se remémorant l’événement (par exemple, en entrant dans un lieu similaire, en entendant des sons similaires à ceux entendus lors de l’événement)
Symptômes d’évitement
- Efforts pour éviter la mémoire, les pensées ou les sensations pénibles associées à l’événement
- Efforts pour éviter les rappels extérieurs (personnes, lieux, conversations, activités, objets et situations) associés à l’événement
Altération de l’humeur
- Incapacité persistante à ressentir des émotions positives (comme le bonheur, la satisfaction ou des sentiments amoureux)
Symptômes dissociatifs
- Sens altéré de la réalité (par exemple, la sensation d’être dans un état d’hébétude ou avoir l’impression que le temps s’est ralenti)
- Perte de mémoire concernant une partie importante de l’événement traumatique
Symptômes d’hyperactivation
- Troubles du sommeil
- Irritabilité ou accès de colère
- Attention exacerbée à la possibilité d’un danger (hypervigilance)
- Difficulté à se concentrer
- Réaction exagérée à des bruits forts, des mouvements brusques ou à d’autres stimuli (réaction de sursaut)
Si vous présentez au moins 9 de ces symptômes entre 3 jours et 1 mois après l’évènement, associés à une souffrance importante ou à des difficultés dans votre vie quotidienne ou professionnelle, ces éléments sont évocateurs d’un Trouble de Stress Aigu et justifient une évaluation par un professionnel.
Au-delà d’un mois
Si ces symptômes persistent au-delà d’un mois, ils justifient une consultation pour évaluation diagnostique d’un possible Trouble de Stress Post-Traumatique (TSPT).
Quelques idées pour prendre soin de soi
À la suite d’un événement potentiellement traumatique, il peut être difficile de déterminer quelles attitudes adopter et quels repères mobiliser. Dans ce contexte, certaines mesures peuvent être mises en place afin de soutenir les capacités de régulation psychique, de contenir l’impact du choc et de prévenir l’installation de difficultés plus durables. Sans se substituer à un accompagnement spécialisé lorsque celui-ci s’avère nécessaire, ces repères constituent des points d’appui pour traverser cette période.
- Exprimer ses émotions : Les études ont mis en évidence que les personnes ayant vécues un évènement difficile, lorsqu’elles expriment librement leurs émotions, présentent une nette amélioration de leur état général (physique, psychologique et relationnel) tandis que les personnes qui ont étouffé leur souffrance présentent des résultats catastrophiques,
- S’accorder des moments de détente, faire des pauses : Il est tout à fait normal de s’accorder quelques moments de plaisir sans culpabiliser. C’est dans le cumul des petites choses que l’on fait pour soi que nous nous dirigeons vers le rétablissement.
- Éviter de prendre des décisions importantes qui engagent votre avenir. Demandez des conseils à des personnes de confiance. Il est préférable d’attendre d’avoir récupéré suffisamment,
- Accepter d’être désorganisé pendant un certain temps, d’être moins fonctionnel et moins performant. Vos moyens habituels de détente peuvent ne pas fonctionner dans les circonstances actuelles. Cherchez de nouveaux moyens pour diminuer le stress.
Dans le cas où votre détresse est difficile à vivre et qu’elle s’accompagne de symptômes physiques qui vous inquiètent, il est préférable d’en parler avec un professionnel de santé.
